Les troubles du comportement alimentaire (TCA) sont souvent, à tort, associés à des lubies de jeunes filles voulant ressembler aux mannequins. Ainsi, plusieurs personnes croient qu’il est facile, voire simple, de traiter ces problématiques : il ne suffit que de se remettre à manger ! Pourtant, ces problématiques de santé mentale sont reconnues comme étant fort complexes à traiter. Les personnes en souffrant sont des hommes, des femmes, de tous les âges et de tous les milieux socio-économiques. Toutes les ethnies peuvent en être touchés.

Bien plus que des caprices de beauté, les troubles de l’alimentation ont une importante composante identitaire. La souffrance profonde est un point commun parmi toutes les personnes vivant sous l’emprise d’un TCA. Une faible estime de soi, de l’anxiété et la solitude sont omniprésents et de plus en plus marquée au fil de la progression du trouble.

Une aide psychologique, nutritionnelle et souvent médicale sont nécessaires à la guérison de ces maladies. Se sortir d’un trouble du comportement alimentaire n’est pas chose facile, il faut beaucoup de courage, d’appui des proches et de la persévérance.

1.5% de la population féminine canadienne âgée de 15-24 ans serait atteinte d’un trouble du comportement alimentaire.
Voici les troubles du comportement alimentaire les plus fréquents.

L’anorexie mentale

Caractérisée par une perte pondérale soudaine, sans cause médicale associée, avec peur intense de prendre du poids. Il peut y avoir utilisation de méthodes compensatrices afin de ne pas prendre de poids, soit les laxatifs, le jeûne, l’exercice physique intensif ou les vomissements provoqués. La perte pondérale est toujours insuffisante aux yeux de la personne anorexique et plus il y a perte de poids, plus il y a peur d’en gagner. L’altération dans la perception du poids est très souvent présente. Plus la maladie progresse, plus l’anorexique se sent en contrôle, sentiment qu’il/elle recherche par dessus tout. Il est important de noter qu’on dénote presque toujours une phase de déni de la maladie à ses débuts. Cette phase a une durée variable d’un individu à un autre.

Avant 2013, l’aménorrhée (absence des menstruations) était l’un des critères diagnostiques de l’anorexie. Toutefois, ce critère fût retiré du DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux, version 2013).

L’âge d’apparition de l’anorexie survient typiquement entre 15 et 19 ans, lors du passage de l’adolescence à l’âge adulte. On retrouve 0.9 % de la population féminine qui en est atteinte et 0.3% de la population masculine. De manière générale, le ratio est de 1 homme pour 10 à 15 femmes.

L’anorexie mentale est d’ailleurs le trouble psychiatrique ayant le plus haut taux de mortalité. 10% des personnes atteintes en mouront.

La boulimie

La boulimie est caractérisée par l’ingestion d’une très grande quantité de nourriture, suivie d’une méthode compensatrice telles que : vomissements, abus de laxatifs, sport intense ou jeûne. Les personnes souffrant de boulimie craignent de prendre du poids mais ressentent des « crises » (binge) où l’appel des aliments est plus fort que tout. La culpabilité, une estime de soi étroitement reliée au poids, la honte, font partie du tableau clinique. Très souvent, elles ont un poids normal ; il est donc très difficile, voire impossible, de les distinguer des personnes n’ayant pas cette problématique.

1.5 % des femmes et 0.5% des hommes connaitrait cette maladie durant une période de leur vie. La durée moyenne de la boulimie est estimée à plus de 8 ans.

L’hyperphagie boulimique

Officiellement reconnue en tant que trouble alimentaire depuis 2013 dans le DSM-5 (manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux), l’hyperphagie boulimique toucherait 3.5% des femmes et 2.0% des hommes. Elle est définie comme étant l’ingestion d’une quantité disproportionnée de nourriture en un court laps de temps (moins de 2 heures), avec un sentiment de perte de contrôle, occasionnant culpabilité et honte.

On parle d’hyperphagie boulimique lorsqu’il y perte de contrôle alimentaire au moins 1 épisode par semaine sur une période de 3 mois. Les individus en souffrant sont souvent à un poids supérieur à leur poids naturel, puisqu’il n’y a pas de méthode compensatrice suivant les épisodes d’orgies alimentaires (binge).

Orthorexie
Malheureusement, l’orthorexie est un peu la résultante de la surabondance d’information sur l’alimentation dans notre société. Les personnes orthorexiques ressentent une peur intense de développer des maladies, infections ou autres désordres de santé s’ils ingèrent des aliments qu’ils ne considèrent pas « santé ». Les critères de sélection sont très restrictifs, mais pas dans un soucis de perte de poids. Les aliments permis sont de moins en moins nombreux au fur et à mesure que la maladie s’installe. En conséquence, une perte de poids est souvent notée.

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Bigorexie ou dysmorphie musculaire

La bigorexie touche plus d’hommes que de femmes. Elle est caractérisée par un horaire d’entrainement rigoureux et excessif, avec anxiété s’il est impossible de ne pas s’entraîner un jour d’entrainement prévu. Les hommes qui en souffrent contrôlent leur alimentation de manière méticuleuse et absorbent généralement des quantités excessives de protéines dans le but de développer leur masse musculaire. Il y a très souvent utilisation de divers suppléments alimentaires et produits de santé naturels afin d’augmenter la masse. Très souvent, l’entrainement est l’élément central de leur vie et tend à empiéter sur les autres aspects dela vie sociale, familiale ou professionnelle.

Préoccupation excessive à l’égard du poids
La préoccupation excessive à l’égard du poids touche plus de 70% des femmes, peu importe leur poids. Phénomène en hausse, il est malheureusement considéré presque normal, presque souhaitable, que les individus (plus particulièrement les femmes) surveillent leur ligne en se privant d’aliments qu’elles aiment sous peur de prendre du poids. L’omniprésence de modèles très maigres dans les revues et les panneaux publicitaires accentuent la pression qu’elles exercent sur elles-même dans leur quête du corps parfait.

Certains signes peuvent révéler cette préoccupation excessive à l’égard du poids.

  • Manger devient un choix rationnel plutôt que sensoriel
  • La planification des repas est compliquée et prends plusieurs heures par semaines
  • Votre estime de vous-même est étroitement liée à votre corps, en particulier à votre poids
  • Vous évitez les aliments sucrés, frits, panés, les boissons sucrées par peur de prendre du poids
  • Vous vous entraînez plusieurs heures par semaine dans le but de brûler des calories
  • Votre poids ou votre alimentation est source d’angoisse

Dans tous les cas, il est très difficle de s’admettre souffrir d’un trouble du comportement alimentaire ou être préoccupée excessivement par son poids. Toutefois, le rétablissement du trouble est inévitable afin de mener une vie heureuse et saine.

Ne restez plus seul(e), la guérison est possible.
Sources :
DSM-5Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorder Association Américaine de Psychiatrie (APA), 2013
Nedic, http://www.nedic.ca/know-facts/statistics>
IPSOS REID (2008). Canadian Women’s Attitudes Towards Weight, Sondage pour le compte des Producteurs laitiers du Canada.

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